The Sickest Squad

Le duo The Sickest Squad nous explique comment ils ont dédié leur vie au Hardcore.

Au détour de la tournée Born To Rave du label Audiogenic, nous avons rencontré le duo mythique du Frenchcore, . Présents sur de nombreuses dates de la tournée, les deux italiens de The Sickest Squad déplacent les foules et font vibrer les amateurs de Hardmusic au rythme de leur style unique : le “Sickcore”. Découverts par le grand public grâce à des titres comme Boomshakalaka, ils sont aujourd’hui connus de la sphère électronique pour avoir travaillé avec les meilleurs labels du genre et pour avoir joué dans les plus grands festivals Hardcore. Aujourd’hui encore très actifs grâce à leur label Brutale et à leurs nombreuses dates de représentations, ils continuent depuis près de 20 ans de dédier leur vie à la musique. 

. Beaucoup de vos productions sont connues dans le monde entier, vous avez produit pour les meilleurs labels comme Traxstorm ou Randy 909 et avez participé à rendre le Hardcore plus populaire. Comment est ce que vous expliquez cela ?

Jacopo : On a commencé à produire du Frenchcore au début des années 2000. On  produisait déjà du mainstream mais quand on à entendu cet autre style de Hardcore, on s’est demandés ce que c’était que cette puissance, ça nous ressemblait plus donc on à décidé de faire du Frenchcore.

. Vous avez créé le genre Sickcore, comment est ce que vous le décrivez ? 

Samuele : C’est juste parce que c’est quelque chose que nous avons créé, c’est quelque chose de totalement différent des standards du Frenchcore qui a cette French touch atypique. Nous sommes Italiens et on a apporté notre touche à ce son, la touche Sickest Squad. Donc c’est pour cela que nous l’appelons Sickcore.

. On parle toujours de la French touch pour la musique électronique, est ce que vous pensez qu’on peut parler d’Italian Touch pour le Hardcore ?

J : En fait les gens pensent que la Hardcore vient seulement d’Allemagne grâce aux gros festivals. Et l’Italie est un petit pays mais je pense que nous avons les meilleurs artistes de la scène Hardcore, parce que l’Italie est un pays très artistique. Nous n’avons pas la possibilité de faire de grands festivals mais nous avons la possibilité de faire la meilleure musique qui soit.

. Le Hardcore est toujours considéré comme underground mais vous avez joué sur des scènes avec des milliers de personnes, et de plus en plus de gens écoutent ce style. Comment est ce que vous voyez cette évolution de la scène Hard ? 

S : C’est une question compliquée car tout fonctionne par vagues. Je pense que la scène Hard n’a jamais été aussi populaire partout dans le monde. Dans les années 90 ou les débuts 2000 c’était populaire mais pas comme maintenant. Aujourd’hui tu peux trouver du Hardcore en Chine, en Australie, en Amérique du sud… Ça veut dire que quelque chose grandit, ça annonce quelque chose de bon. En Europe c’est normal, le Hardcore a toujours été populaire mais dans certains pays comme en Australie ou aux USA c’est en train de grandir, mais la majorité des artistes restent européens.

J : Maintenant si tu réfléchis à la musique en termes de qualité, de Sound-Design, je pense que le Hardcore est un des styles les plus difficiles à produire. On a fait le mastering pour beaucoup d’artistes de notre label donc je peux dire que c’est difficile. C’est pour cela que ça reste underground. Avant c’était différent, le Frenchcore particulièrement venais des free et c’est pour ça que c’était underground.

. Vous avez joué de nombreuses fois en France, particulièrement pour Born to Rave. Comment est ce que vous décririez la scène française par rapport à la scène italienne ?

S : Je pense que se sont à peu près les mêmes. Le meilleur public est dans plus dans le sud de l’Europe.

J : L’année dernière on a joué dans le sud de la France et c’était un des meilleurs public, quelques années auparavant c’était en Espagne. Il y a cette énergie dont on a besoin quand on joue.

. Jacopo, tu as étudié la musique pendant des années, c’était au conservatoire ? 

J : J’ai joué du piano pendant 13 ans mais pas au conservatoire, je ne suis pas un type qui aime étudier. Je pense que la musique est plus une question de créativité et non de mathématiques Au conservatoire c’est ce qu’on essaye de t’apprendre mais personne ne va me dire que la musique c’est des maths, la musique c’est une passion, c’est toi. Au conservatoire on essaye de couper ce feeling et cette créativité. Ce ne sont pas des maths, la musique c’est Pink Floyd, Fredy Mercury, Jimy Hendrix

. On vous a vus sur beaucoup de dates de Born to Rave, il semble qu’Audiogenic soit comme une deuxième famille pour vous. 

S : On a commencé avec Audiogenic. Je me rappelle quand on était en Italie et que Radium est venu en studio avec Randy. On était la “Mon dieu, c’est Radium ! On doit faire un truc de ouf”. Et après on a signé avec Audiogenic. Evidemment on était très heureux parce qu’ils avaient la même façon de penser la musique que nous. Ce n’est pas du business, c’est de la musique, on reste ensemble, on créé quelque chose de nouveau. Donc même si on a signé avec Traxtom et qu’on a notre propre label, ça n’a pas d’importance, des qu’Audiogenic nous appelle, on est la.

J : Quand on a commencé le Frenchcore, notre rêve c’était de produire avec Audiogenic parce que c’était le plus gros label de Frenchcore. Donc quand on a signé notre premier EP on était excités comme un enfant qui reçoit sa ps4, parce qu’ils ont cru en ce qu’on faisait, même si ce n’était pas commercial. Donc bien sûr on a une super relation et on a signé beaucoup d’EP avec eux, ce sont nos amis, on fait la fête, on sort ensemble. Le business c’est le business mais on croit plus en l’amitié et en cette petite famille qui constitue notre monde. On apprécie chacun de ses moments avec ces amis, ok on est dj mais c’est plus une famille. J’apprécie chaque seconde de ma vie ! Beaucoup de gens pensent qu’être dj c’est facile mais ça ne l’est pas. On n’a pas passé Noël chez nous depuis 10 ans, parce qu’on est booké chaque année en Allemagne pour le festival Army Of Hardcore.

. Vous avez signé beaucoup de grands artistes sur votre label, pouvez vous m’en dire plus sur Brutale Records ?

S : On a créé ce label parce qu’a ce moment là en Italie, et en général en Europe, il manquait ce type de label de Frenchcore undergound, de musique extrême en général. Donc on s’est dit qu’on avait besoin d’un bon label pour sortir tous ces artistes underground de la meilleure des façons. Parce qu’il y’a beaucoup de labels en Europe, mais il n’y a vraiment pas assez de qualité. Donc on s’est assis autour d’une table et on s’est dit “Ok, on a besoin d’un bon label sur lequel les DJs veulent vraiment produire leurs sons pour la qualité et leur façon de penser la musique”

J : Tout est une question de passion parce que nous croyons au Hardcore.

S : On essaye de signer des artistes qui pensent comme nous, on se fou de l’argent.

J : On ne fait pas de l’EDM, on est dédiés au Hardcore jusqu’au sang. Il faut se bouger. On dit à tous les artistes qui viennent vers nous “Tu dois être prêt parce que ça va être long”, on ne prend pas n’importe qui, seulement les gens qui croient vraiment à la qualité et au pouvoir de la musique. Ce n’est pas un hobby, personne ne va te faire de cadeau, tu dois suer pour avoir ce que tu veux, comme pour tout, tu dois travailler si tu veux t’élever au meilleur niveau de ce que tu fais. Et quand tu y arrives c’est une véritable récompense et tu es fier de toi. Mais tu ne dois jamais t’arrêter et te dire “C’est bon je l’ai fait”, non, tu ne l’as jamais fait, tu peux toujours faire mieux, pas à pas tout au long de ta vie.

. Vous avez joué sur les plus belles scènes du monde et rencontré les plus grands artistes, est ce qu’il vous reste des rêves à réaliser en tant que DJ ou producteurs ?

J : On a déjà réalisé une partie de nos rêves mais la vie est une succession d’étapes. Et faire de notre passion notre travail était la plus grande étape. Dans le futur personne ne sait ce qu’il va se passer mais on veut être fiers de ce qu’on fait.

S : On est plus qu’heureux, plus que satisfaits, mais on n’arrêtera jamais de travailler. Beaucoup de gens rêvent d’être DJ, de vivre de la musique, et quand tu y arrives, tu peux être satisfait mais il y aura toujours de nouvelles étapes à franchir. Par exemple, quand on a joué pour la première fois à l’extérieur de l’Europe c’était incroyable, puis on a emmené le Frenchcore à Moscou pour la première fois en 200
8, puis en Colombie…

J : Quand on a commencé à faire de la musique tous nos amis étaient la “Ah, t’es DJ”, mais le métier de DJ n’est pas vraiment compris par la société. Mais tout ce qu’on fait, chaque fois que l’on voit votre sourire, on comprend à quel point on apprécie chaque moment de notre vie. C’est une vie difficile mais chaque jour tu atteins un nouvel objectif et c’est génial.

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