Purple on time dj set

Purple on time : inspiration, corps, esprit

Instinct créatif, instants volatiles, vibrations universelles : autant d’énergies impalpables qui constituent l’essence musicale des Purple on Time. Ce duo Lyonnais dont le nom évocateur fait référence au groupe U.S Maple et à un l’instant de jouissance fugace, embrase depuis 5 ans les clubs de la ville qui les a vu naître. Parmi les premiers membres du roster lyonnais Everybody trance, cette dernière année fut celle de leur épanouissement en tant qu’artistes. Consécration de cette profusion créatrice, leur premier Ep vinyle After sort aujourd’hui sur le jeune label électro Ou lah Yeah. Intense et magnétique, cet EP aux teintes évolutives concentre en quelques exquises lignes de basses et envolées vocales, leur vision de la fête et du lien humain.
Entrons dans l’univers de Stéphane et Manu, qui nous parlent de leur EP et de leurs envies.

Revenons sur les origines de votre duo, vous venez tous les deux d’univers musicaux différents, qu’est ce qui vous a poussé à créer ce duo ?

Manu : En premier lieu, je pense que c’est la rencontre, la rencontre d’énergies complémentaires. On vient tous les deux plus ou moins du Rock, même si c’était des versions différentes du Rock, c’est vraiment la rencontre qui nous a donné une envie quasi viscérale de faire de la musique ensemble.
Stéphane :  C’est une relation humaine avant tout. Quand on s’est rencontrés ça a été une accroche vraiment évidente. De mon côté je me suis dit “c’est avec lui que je veux faire de la musique”. Et ça c’est confirmé la première fois qu’il est venu au studio et qu’on a joué.

Sur scène, votre complémentarité est flagrante, comment se passe le travail en studio ?

Manu : Je vais te dire simplement, tout à l’heure par exemple on préparait un set, et on dansait comme des fous tous les deux, dans une pièce sous 35 degrés, sans public. Donc je pense qu’en studio on est relativement pareil que sur scène. 

On travaille énormément en studio, et la scène c’est la consécration.”


Steph : La complémentarité est énorme entre nous deux, on a une vision globale de la musique qui est exactement la même, mais avec une culture et une histoire différente. Manu va être beaucoup plus carré, beaucoup plus organisé. Et moi je vais être plus volubile et partir dans des délires, qui parfois peuvent être très biens, comme moins biens. Manu est là pour canaliser tout ça.

A quel stade de la la création vient se poser la voix ? 

Manu : Là un de nos gros délire ça va être de créer des productions à partir d’une voix, ce qu’on n’a jamais fait encore. Pour l’instant on a Steph qui produit, moi j’arrive, je vois quelque chose, je fais une voix, on l’enregistre et on la colle dessus.
Donc maintenant le next step pour nous, ça va être de créer à partir d’une voix.

Après plusieurs années de créations communes et plusieurs EP sortis, qu’est ce qui a motivé ce dernier projet ?

Steph : On crée toujours beaucoup de choses, et puis on à envie de faire partager ça au public. C’est aussi une manière de dire qu’on existe, de montrer notre univers, on a beaucoup de choses à dire.

On aime l’originalité, on aime les choses qui changent,
et c’est pour ça d’ailleurs qu’on ne travaille pas avec des samples pré-définis.
Ça vient du cœur avant tout.”


Manu : Cet EP c’est vraiment le premier projet qui nous a pris autant de temps à faire, parce qu’on avait besoin de se trouver au niveau du son. On avait besoin de dépasser quelque chose dans nos productions passées. On a vraiment oscillé entre studio et scène. C’est à dire que les morceaux ont évolués. Il y a eu 2 ou 3 versions de chaque morceaux, parce qu’on les testait sur scène et qu’il y avait des passages où les gens étaient comme des dingues, donc on les développait. Comme on fait beaucoup de concerts, pouvoir tester ses tracks qui ne sont pas terminés c’est chanmé. Ce qui est fou c’est que l’EP, que tu aimes ou pas, quand il est joué il pète ! On l’a vu, on l’a fait pour, on l’a senti. Il devrait bien fonctionner sur le dancefloor et finalement c’est ce qui compte ! 
Steph : “Awfull” c’est un riff de basse qui a 2 ans, on l’a mis dans le live, après on l’a totalement remanié. C’est vraiment ce que dit Manu, ça a été une évolution sur 2 ans

Vous qui êtes adeptes du live (parfois hybride), vous prévoyez de construire un live autour de cet EP ?

Steph : Bien sûr, parce que c’est aussi l’avantage de créer des morceaux, c’est de les partager lors d’un concert. De faire voyager le public dans notre univers, dans ce qu’on a fait. C’est très important. On en a déjà fait quelques uns et là on en retravaille un nouveau. 
Manu : La frontière entre live et dj set est parfois un peu fine parce que les lives on en a fait pas mal, mais quand je te disais qu’on testait nos tracks, ce n’était pas toujours en live.

On aime bien jouer nos morceaux en dj set,
mais on aime chanter dessus, rajouter des instruments etc.

Manu : Donc est ce que c’est considéré comme un live ou un dj set ? C’est là justement que la dimension hybride prend toute sa forme. On adore faire des lives, mais c’est beaucoup plus contraignant, ce n’est pas possible partout, il faut un ingé son, il faut des gens sérieux etc. Ça fait pas rire live ! Mais le côté hybride est super intéressant je trouve, ça amène un peps au concert, c’est beaucoup plus vivant ! Au niveau de la création on s’éclate parce que moi je vais préparer des lignes de chant avant, mais je sais jamais exactement ce que je vais faire. C’est sur scène que je vois le mood, que je me prends au jeu. J’ai mis beaucoup de temps à prendre confiance là dessus mais je sens que c’est vraiment cool maintenant. Steph c’est pareil, au niveau de la guitare il y a 5 ans il avait ses gimmicks un peu tout faits, maintenant il se lâche vraiment. Donc nous on est dans un délire où, à moins que les conditions ne soient vraiment pas réunies, on ne fera plus de dj set pur. 
Steph : Ce qui est rigolo c’est qu’à la guitare, je me lâche plus et j’arrive à mettre des lignes noise, qui n’ont rien n’à voir avec la Techno mais qui passent hyper bien sur l’électro. Et ça c’est aussi une petite victoire de pouvoir emmener mon héritage underground dans cette musique qui est aussi underground, mais électro.

Lors de vos performances sur scène, on ressent une énergie quasi anthropologique, un désir d’échanger avec le public. Comment est ce que vous parvenez à transcrire cette énergie fulgurante dans vos productions ?

Manu : Je pense qu’on ne cherche pas à faire ça, on est comme ça ! On parlait tout à l’heure du studio, on est pareils, on est deux gogoles. Qu’on fasse de la musique, qu’on soit à côté à faire les cons, qu’on joue à la console, on est pareils. On est un peu candides aussi, on rigole, on s’amuse, on crée, on teste, on se prend pas au sérieux.
Steph : Voilà, on se raconte pas d’histoire, on est vrais au studio comme sur scène. On n’a pas de personnages, on est nous. La musique c’est l’intuition. Et d’ailleurs heureusement que Manu est là pour me canaliser parce que de l’intuition j’en ai beaucoup et dans tous les sens !

Si on se réfère aux titres, aux paroles et à la progression de l’ambiance musicale de l’EP, vous semblez y décrire votre vision de la fête.

Manu : Un peu ouais ! La fête c’est un avant, un après, et sur l’EP tu as ça. Le avant, qui bouge, qui démarre ce serait plutôt “Lyon”, qui est le morceau où tout part. Tu as l’apogée c’est “Awfull”, vraiment là ça pète, c’est l’heure, il faut que ça y aille ! Et après tu as la fin et l’after, avec “After” tout simplement. Et le remix est un peu à part. C’est Cornelius Doctor [co fondateur du label Hard Fist, NDLR] qui nous l’a fait avec amour. C’est un mélange des trois, il est un peu en dehors du temps, on l’aime beaucoup. 
Steph : Avant tout, ce qui nous caractérise et qui caractérise l’énergie qu’on a dans l’album et sur scène, c’est le lâcher prise. Et ça c’est super important dans une société où tout est calculé, réfléchi, où chaque mot est très important.

“Pour nous dans la musique l’essentiel c’est mettre de côté notre statut,
nos classes sociales, nos origines… On s’en fout, on est des êtres humains et
des âmes qui font la fête à un moment précis sur une vibe.”

Vous avez choisi un artiste Lyonnais emblématique pour remixer “After”, Cornelius Doctor, un des titres s’appelle “Lyon”, quelle relation est ce que vous avez avec cette ville ?

Manu : Déjà Lyon c’est chez nous, on y est nés, on y a grandi. On la connait par coeur. Donc c’est très agréable d’y jouer parce qu’on connait les clubs, on connaît les gens. L’idée n’est pas de rester dans ce microcosme et sa facilité, mais même si on va jouer ailleurs, c’est très important de jouer à Lyon parce que c’est chez nous. C’est vraiment notre ville, on s’est construits dedans, nos premiers concerts étaient à Lyon, on y a joué, on y a découvert nos premiers artistes…

“C’est une des scènes que je préfère en France,
elle est effervescente, elle est bouillante, il y a plein de choses différentes. Il y a de l’underground à ne plus savoir quoi en faire, il y a du caractère.”

Il y fait bon vivre pour se construire en tant qu’artiste et surtout dans la musique électronique. Parce qu’il y a des gens qui te donnent ta chance, il y a plein de lieux culturels et t’as vraiment des possibilités de faire des trucs en bossant.
Steph : Moi qui suis un homme d’intuition, tout ce que je peux dire c’est que Lyon c’est une des villes les plus mystérieuses et ésotériques en France. Donc forcément j’aime énormément cette ville. C’est une ville qui a des vibrations depuis toujours. Quand on regarde son histoire, c’est une histoire qui est très magique. Donc pour moi en tant que compositeur je me ressource énormément à Lyon. C’est un endroit qui est très magnétique. Et la musique aussi c’est ésotérique, parce que c’est impalpable, on ne donne pas de mots, on ressent les choses. 

Puis c’est une ville qu’on aime bien retourner !” 

Steph : Et le public est très exigeant, j’adore ça. Ils ont une culture musicale, on sent qu’ils attendent quelque chose, ils ne sont pas là par hasard. Et que ce soit pour toutes les scènes ! 
Manu : C’est clair, il n’y a pas de passivité à Lyon, les gens savent qui tu es, il savent ce que tu joues, ils savent pourquoi ils viennent : ils sont chauds ! 

Vous qui jouez principalement en club, comment est ce que vous envisagez l’avenir en cette période de pandémie, qui frappe d’incertitude tous les secteurs de la culture ?

Manu : On a eu une idée, ce serait d’aller jouer chez les gens d’une manière assez particulière. Déjà ce serait gratuit, il n’y a pas de question de pognon, ça nous intéresse pas. L’idée serait de faire un jeu concours sur nos pages avec un pitch simple :

“On vient chez toi faire de la musique,
t’invites tes potes, t’achètes l’apéro et nous on apporte le matos”.

Manu : On demande une table, une multiprise, et on fait un livestream chez les gens. Ce serait trop cool, on pourrait faire au moins une date par mois chez les gens, sur du 22h 00h par exemple, et après eux continuent de faire la fête ! 
Et pour la suite de la suite de la suite, ça ne sent pas bon pour Septembre. On peut jouer dans des fêtes libres mais ce n’est pas notre cœur de cible, parce qu’on aime bien faire des lives.  Donc on va être obligés de rester sur des lieux qui sont plutôt institutionnels comme des clubs ou des beaux opens air, pour ne pas craindre pour notre matos et avoir la place de jouer.
Steph : Après bien sûr on préfère l’hybride et les lives, mais du moment qu’on a un public, qu’on joue, et qu’on communique,  on est heureux de jouer !

Plus d'articles
Justice
Le premier titre du prochain album de Justice promet de belles choses