Jacob XXL Lyon Techno

Après le succès de la Jacob XXL, nous rencontrons l’organisation qui a fait exploser la scène techno !

Nous retrouvons la team Jacob dans leur appartement au cœur de Lyon. Presque toute l’équipe est là, ainsi que Milena, leur chat Jacob nous honore lui aussi de sa présence. Nous retrouvons cet atmosphère que nous apprécions lors de leur soirées, une bande d’amis soudés, tous passionnés par la musique et qui ne souhaitent que faire partager leur passion

Comment vous êtes-vous rencontrés et comment en êtes-vous arrivés à tout quitter pour créer la société Jacob ?

On s’est rencontrés sur la terrasse du Sucre il y a 3 ans et demi maintenant, par hasard comme des mecs qui consomment des événements, on a commencé à se voir par intermittence pendant 6 mois et au bout d’un moment on s’est rendus compte que Theo et moi avions le même projet qui était de créer un événement au Double Mixte. Theo n’avait pas d’expérience dans l’orga d’événements et moi j’avais organisé juste deux petits événements, on s’est chauffés en vraiment pas longtemps. On a tous les deux quitté nos écoles de commerce et on a ouvert une société deux semaines après. On a ouvert ça en Mars 2014, à la base on voulait organiser un événement le 21 juin pour la fête de la musique mais on s’est rendu compte que par rapport à la taille de l’événement qu’on voulait faire on serait trop court. On a repoussé notre première date au 26 septembre c’était avec Ilario Alicante et Function. Tout s’est fait naturellement.

On est 6 personnes à travailler à plein temps MC notre community manageuse, Yaël  notre web designer, PA notre directeur technique, Theo mon associé, Milena notre artiste résidente et Sébastien notre photographe. Et en fait tout ce microcosme était en mesure de gérer une orga et on s’est rendu compte qu’on pouvait faire tourner la boite simplement en se concentrant sur un travail d’équipe, c’est ce qui a fait notre force dès le début. Ça s’est fait comme ça de manière empirique et puis on s’est lancés.

Vous êtes arrivés rapidement arrivés sur la scène lyonnaise avec une programmation et une organisation solide, d’après vous qu’est ce qui a favorisé votre succès ?

Gary Beck a été la raison principale de notre premier foirage quand il n’est pas venu pour notre première soirée, on s’est mangé un mur, on avait un prix qui était très haut fait de notre inexpérience en matière de gestion. On a dû rembourser des gens, plein de galères. Ça a été la pire soirée de lancement qu’on aurait pu avoir ( rire ) Mais au final on a décidé de ne rien lâcher on avait déjà lancé le deuxième événement, tout était déjà réservé Robert Hood, Oscar Mulero.. C’était la beauté du truc au final parce qu’on s’est rendus compte déjà bien avant que l’événement ouvre qu’on allait se manger une taule, et on a quand même pris un pied de ouf à le faire. On se disait, même si on se mange un mur on se rattrapera et on va la poser cette deuxième et ça a été la plus belle réussite de voir qu’à la deuxième on a fait sold out le jeudi soir, exactement le schéma opposé de ce qui s’était passé pour la première. On était bouillants et c’est vraiment à partir de cette date de Janvier que la Jacob a vraiment commencé à prendre de l’ampleur !
On a eu cette constance dans la qualité de nos événements je pense que c’est ça qui a fait qu’au final on a réussi à conquérir le public avec le temps.

 Est-ce que vous pensez que le fait d’être implantés à Lyon a joué en votre faveur ?

PA : Lyon c’est une ville compliquée il y a déjà beaucoup de monde. Après l’autre ville qui serait potentiellement accessible en France c’est Paris mais c’est pareil il y a déjà beaucoup de monde aussi donc dans les deux endroits il y a déjà une grosse scène techno et s’il y a un public c’est qu’il y a de la concurrence.

On est sur une ville qui est quand même beaucoup plus petite que Paris, lors de notre dernière publication on était à 18 promoteurs actifs sur une ville de 400 000 habitants avec 5 salles de concert, c’est ultra saturé, tous les week-ends tu dois choisir entre deux à trois prog et si tu t’en sors bien tu commences le jeudi tu finis le dimanche avec 4 programmations différentes. On a cette chance d’avoir cette diversité de la scène locale mais forcément il y a de la compétition et ça nous impute des places qu’on n’aurait pas vendues parce que les gens vont ailleurs. Mais la scène est trop forte

Vous êtes connus pour avoir une programmation qui se démarque des autres festivals. Vous proposez des Line up de qualité, plus pointus et des artistes piliers de la techno mais moins souvent des grosses têtes d’affiche mainstream, est-ce qu’avec cette sélection exigeante vous visez un public plus érudit, un retour aux bases de la techno?

En fait on s’est vraiment développé personnellement sur la musique qu’on écoutait en même temps qu’on a lancé ce projet. On avait nos notions dans la musique électronique mais on était tous relativement novices. Au fur et à mesure de nos événements on s’est vraiment rendus compte de cette nécessité de proposer des choses qui ne se voyaient pas tout le temps. Ça a été une des raisons de base du projet. C’est-à-dire qu’en tant que consommateurs d’événements avant qu’on commence Jacob, en Mars t’avais tout le temps Paul Ritch au Ninkasi pour les déstructurées, tout le temps Matador etc. On a voulu faire des trucs qui changent de l’ordinaire et ça a vraiment été une de nos priorités à partir de la deuxième saison, de toujours vouloir imposer des choses nouvelles au niveau de la progra, de ramener des trucs qui ne se sont jamais vus, des premières mondiales des premières en France. Là sur la XXL on était à 80% d’un line up qui ne s’était jamais vu. Collabs 3000, le live à 6 mains, ce sont des choses qui nous tiennent à cœur et qui apportent énormément de cachet à l’événement !

PA : Après on a toujours le même format avec une scène tête d’affiche avec des gros noms comme Jeff Mills, Robert Hood, et une petit scène plus travaillée, plus pointue.

Cet été le double mixte qui est votre lieu de prédilection a été racheté et à un avenir incertain, comment voyez-vous donc la suite pour vos événements ?

 A l’heure actuelle on n’a pas de réponse précise, on a appris en même temps que tout le monde que ça allait être racheté, ça nous laisse une marge de manœuvre assez importante quant au temps que ça va mettre. C’est vrai que c’est notre maison le DM, c’est l’essence même de Jacob mais après je pense qu’il faut vouloir accepter le changement et chercher sur des lieux où l’on va pouvoir créer une nouvelle idée. Là je pense à notre collab qui arrive avec Encore au Transbordeur, on va être obligés d’essayer de nouvelles choses, des nouveaux formats et ça peut être que bon pour la création et la diversité.

PA : Il faut trouver une salle où on a la liberté de poser nos lumières, notre système son pour retrouver notre identité. Le transbordeur ça peut être un bon moyen de prendre du temps et de repartir sur autre chose après. On reste sur une grosse salle

C’est ce qui était bien avec le dm, à la base on loue du béton et des murs et c’est une salle qui est super accessible. Tu réfléchis pas comme si t’allais à l’Hypnotic.

 

Collabs 3000 – Jacob XXL

 

On entend de plus en plus parler de vous à Lyon et chacune de vos soirées est très attendue. Vous faites maintenant partie intégrante de la vie nocturne lyonnaise, est ce qu’on peut vous souhaiter de devenir un emblème des soirées techno lyonnaises à l’image de la Concrète à Paris ou est-ce que vous souhaiteriez exporter le concept Jacob partout en France ?

Ce serait beau, c’est notre troisième saison, on est au début de l’identité même de ce qu’on veut proposer, on a changé de format il n’y a pas longtemps, on va avoir pleins de challenges qui arrivent dans le futur donc ce serait beau de pouvoir un jour dire qu’on est le symbole de la vie lyonnaise et je nous le souhaite. C’est un bel objectif mais il y a du chemin à faire. Pour ce qui est de s’exporter on est tous prêts. Mais si on s’exporte je pense que ce ne sera pas ailleurs en France, on est sur un pays où les réglementations sont hyper dures pour ce qui est de l’événementiel et des contraintes. Quand on voit que le préfet nous colle une fermeture à 5h00 une semaine avant l’événement, on est sur énormément de restrictions par rapport à nos voisins européens. C’est le jour et la nuit alors qu’on est tous dans l’union européenne, on est en 2017 ! On est dans une culture qui est encore réprimée par les autorités et ça nous pose beaucoup de problèmes. Donc je pense qui si on doit s’exporter ce sera forcément pas en France pour faire quelque chose de plus gros avec moins de restrictions.

PA : après si on peut grossir en France on continuera, on est ouverts à toutes opportunités.  Si il y a un jour l’opportunité d’un truc énorme Jacob ce sera toujours dans la région lyonnaise, je ne vois pas une Jacob à paris.

Pour rebondir là-dessus, on vient de voir que la Concrète vient de chopper sa licence 24h ça fait quand même trois ans qu’ils bataillent, qu’ils vont à l’assemblée nationale parler à des députés pour faire avancer le mouvement et c’est énormément de relations qui sont en jeu. Donc pour que vraiment tu ne sois pas réprimé, il te faut les contacts, que tu travailles bien, que tu prennes vraiment le temps de créer ton réseau. Parce que malgré tout c’est ça aujourd’hui, partout en France même à Lyon, il y a des préfets, des autorités qui accordent plus d’autorisations à certaines personnes qu’à d’autres et c’est un fait. On pourrait faire tout un article sur la manière dont les autorités influent sur les droits des organisateurs.
Pour conclure si on doit s’expatrier ce sera hors France

Parlons maintenant de la Jacob XXL

Les retours du public ont été ultras positifs, pour notre part nous avons eu un véritable coup de cœur pour le live à 6 mains époustouflant. Quant à vous, êtes-vous satisfaits des prestations des artistes que vous avez booké et prévoyez-vous d’en rebooker pour vos prochaines soirées comme avec les artistes tel que Function, plusieurs fois présent sur les scènes Jacob ?

PA : nous on est satisfaits de nos artistes ça c’est sûr, on est toujours satisfaits de nos line up et là je pense qu’on a atteint un niveau d’organisation où chaque fois ça grossit et là je pense que dans le DM faut pas faire plus parce que ça ne servirait à rien. On a déjà des lumières différentes, on avait prévu un gros écran sur la scène du haut mais ce sont les artistes qui nous l’ont interdit. Donc peut être que ça peut évoluer mais sinon niveau son on est déjà au maximum. On est satisfaits du public aussi, on a ressenti une énergie meilleure que les autres, y’avait une vibe, on avait déjà eu ça avec Robert Hood mais là on a vraiment senti un truc peace. Tout le monde est content on a quasiment 100 % de retours positifs ça nous a vraiment fait du bien et c’est tout à notre honneur parce que ça fait 6 mois qu’on bosse là dessus, on était comme des dingues et au final les gens nous ont fait confiance et ça c’est bien passé donc oui on est grave contents.

Après par rapport aux artistes on a nos affinités et même si on propose des programmations qui sont exigeantes on a toujours nos coups de cœur. C’est la troisième fois qu’on fait venir Speedy j, Function reviendra bientôt pour une date très spéciale qu’on annoncera un peu plus tard. Voilà on a des artistes qu’on affectionne particulièrement et ça ne doit pas nous empêcher de chercher des nouveaux horizons tout le temps. C’est ce qui fait notre force de proposer des programmations un peu différentes.

B2B2B Ansome x Ossian x Ayarcan – Bas Mooy – Jacob XXL

 

 Avec cette Jacob XXL vous avez vu les choses en grand : un line up surprenant, 2 stages, un système son Funktion-One pointu etc. Votre public a donc placé son niveau d’exigence très haut pour les prochaines éditions. Doit-on s’attendre à des prochains événements toujours plus surprenants ? Peut-être un show plus visuel ?

Ça dépend on essaye de donner le maximum à chaque fois. Après avec le Transbo on revient sur un schéma qui est plus connu du monde lyonnais, on peut peut-être rajouter deux trois détails mais ça restera quand même une base transbo

Milena : ce sera peut être pas plus surprenant mais ce sera différent, ça évoluera.

On a très envie de faire un truc encore plus fou que la XXL. Là pour le futur on va faire des choses qui sont différentes parce que justement on a plein de contraintes qui nous satisfont pas. On travaille sur de nouveaux formats et là justement on va essayer de nouvelles choses, c’est la première fois qu’on part sur une grosse collab avec Encore, ce sont des mecs à qui on fait confiance et avec qui on pense aboutir à de belles choses ensemble parce qu’on n’est vraiment pas très collab de base.

PA : Pour le futur proche c’est le Transbordeur mais le but c’est quand même de trouver une autre suite à Jacob, on ne va pas se mettre à faire un transbo tous les mois.

 

Le 16 juin, vous aller vous associer à une autre orga emblématique de Lyon, « Encore » et changer de QG. Quels sont vos principaux défis pour que cette collaboration soit réussie et que la soirée soit un succès ?

Je ne vois pas trop de risques avec Encore, ils ont des line up qui sont en corrélation avec les nôtres. Ils connaissent très bien le transbo donc pour une première c’est nickel et niveau line up on s’est très vite entendus. C’est plus unir nos forces que travailler dans la contrainte. Je pense qu’on s’est rendus compte qu’Encore ils ont un bon public, avec des supers programmations comme celle du Dimension au Ninkasi avec des line up ultra pointus. En plus ce sont des mecs à qui on veut faire confiance et avec qui on a envie de collaborer. On va juste se régaler et voir ce que ça peut donner d’unir nos deux noms. Encore et Jacob ça réunit un peu tout le monde, ils ont l’expérience, ils ont fêté leurs 4 ans, nous on est plus jeunes on a que des choses à apprendre. 

Est-ce que vous prévoyez de mettre plus avant  l’entité Jacob records ? Est-ce que vous avez des projets concrets pour Jacob records ?

Ils sont concrets, mais les choses prennent du temps. Dès les débuts de Jacob on s’est dit qu’on allait vraiment ouvrir cette branche mais ça prend du temps d’ouvrir un label, de pouvoir le gérer. On veut faire quelque chose de vraiment très concret et qualitatif. On avait un ep qui était déjà en voie de préparation on avait déjà nos remixages, ça devait être un bon ep. Mais il y’ a eu une évolution de style de Milena qui a fait qu’on a préféré prendre notre temps et proposer quelque chose dont on était vraiment surs.  C’est ce qui a fait qu’on a décalé notre temps de production par rapport à ça mais oui Jacob Records arrive, c’est une certitude.

Milena : Mais en fait une fois que tu lances un label tu ne peux plus ralentir, là ce ne sont  pas des prévisions sur un truc, derrière il faut assurer sur le long terme. Ne serait-ce que sortir un disque par an ou tous les 8 mois c’est déjà un énorme travail. C’est du bon prévisionnel ce n’est pas un coup de poker, à partir du moment où on lance Jacob Records, ça fera partie intégrante de Jacob.
Ça va être chouette, ça va ouvrir une branche géniale dans laquelle certain vont travailler différemment, c’est très cool !

C’est une manière pour nous d’exporter Jacob et de véhiculer notre marque au delà de Lyon où on est très implantés maintenant. On a deux résidents, on a 138 le californien en plus de Milena, donc le but c’est de vraiment se donner l’opportunité d’exporter notre savoir-faire musical, nos gouts et ce sera par ce biais qu’on pourra s’exporter de la meilleure manière en France et à l’étranger, quand on pourra placer Milena et 138 sur des grosses dates, des showcases.

Bas Mooy – Jacob XXL

 

Parlons de votre DJ résidente, Milena, comment l’avez-vous connue et comment en êtes-vous arrivés à miser sur son style de techno froid et singulier ?

C’est Theo qui a misé sur elle en premier, il avait des cd que Milena lui avait fait qu’il passait dans sa voiture et Milena jouait au terminal du coup Theo a grave accroché et je lui ai fait confiance. On a mis du temps à trouver vraiment le rythme qui correspondait musicalement avec Milena et Jacob qu’on voulait développer. Il y a deux ans ce qu’elle proposait au public c’était une approche complètement différente, il y a eu beaucoup d’évolutions depuis ce moment et maintenant on est vraiment satisfaits de pouvoir avoir développé à la fois sa carrière et notre identité, parce qu’au final pour Jacob notre seule identité musicale fixe qu’on puisse véhiculer pour l’instant c’est Milena. On a mis du temps mais maintenant on a trouvé notre rythme et on est supers contents de ce que Milena fait.

 

Lorsque l’on t’a proposé de devenir résidente d’un concept aussi conséquent que la Jacob, quel a été ta réaction ?

Moi j’ai cru qu’on me faisait une blague, c’est très simple en fait j’y ai pas cru du tout. C’était super drôle !
Et on s’est connus là nous, je les connaissais pas juste un peu Theo et on a appris à se connaitre pendant ces 6 mois entre la première Jacob et cette annonce là, ça été hyper intense tout de suite, on s’est vachement bien entendus très vite. Pour moi ça a marqué un gros changement à tout niveau. C’est chouette mais je crois que je ne réalise toujours pas trop, je n’ai pas trop de mots, c’est vraiment beau, c’est une expérience assez formidable.
C’est hyper stressant quand t’es rien du tout parce que tu demandes ce que tu fous là mais c’est trop bien tu t’émerveilles de tout le temps, par contre, grosse évolution, ça a été deux ans et demi de grosse remise en question et de travail sur le public, le format. Sur des formats comme le DM c’est compliqué il faut réfléchir autrement. Ce ne sont que des warm up, c’est fastidieux parce que tu t’adaptes et il faut savoir le faire.

La dernière soirée on avait tellement de contraintes, on devait faire jouer Collabs 4 heures absolument et Luke Slater et Function on pouvait pas les faire jouer 1h30 comme un dj set normal mais il restait que 30 min pour Milena et je me mets à sa place quand t’es artiste et qu’on te dit prépare un warm up pour 30 MIN c’est horrible c’est pour ça qu’on lui a trouvé  un spot dans la warehouse, elle n’a pas une place facile Mile et on est grave content du résultat qu’elle donne aujourd’hui

Milena :  c’est que de la satisfaction et je sens que les gens sont vraiment hyper contents, ça fait trop plaisir. C’est ça qui est génial, tu trouves ton équilibre, parce que moi je suis un peu compliquée je me pose beaucoup de questions. Donc en fait quand t’as des retours comme ça, que t’arrive à garder les gens sur ta scène alors qu’il y a une autre scène en parallèle où c’est un mec connu, c’est une belle satisfaction, ça fait plaisir.
Maintenant  je suis vraiment dans de la prod je ne cherche pas de dates, le but c’est vraiment orienté Jacob records, y’a que ça. J’essaye pas d’aller à droite a gauche, et quand on aura lancé ça ce sera très cool.

Milena – Jacob XXL

Tu as un style très sombre et novateur, quelle en est l’origine ?

J’aime beaucoup d’autres choses que la techno. Pour moi c’est une grosse force d’écouter pleins de trucs y’a des artistes que je respecte énormément qui ne font pas vraiment ce qu’on peut appeler de la techno. Par exemple si tu prends un mec comme Jeff Mills, qu’on a déjà fait venir, c’est peut être une exception mais pour moi c’est pas quelqu’un qu’on peut vraiment classer. Il est capable de faire plein de choses, il fonctionne avec plein de gens, il a une culture qui est énorme. Du coup ça amène quelque chose en terme de résultat qui est complètement propre à soi, et moi c’est ce que j’aime. Le plus beau ce serait qu’on me dise que j’ai un truc à moi. J’ai envie de faire de la techno et de faire danser les gens dans une Jacob mais en ayant aussi des couilles, en proposant des trucs qui vont chercher plus loin. J’aime pas trop rester dans le classique, c’est un gros défis parce qu’il faut quand même faire danser les gens et ils peuvent te lâcher très vite. Du coup c’est hyper exigeant mais par contre je trouve que tu peux quand même mélanger des sonorités, des rythmes et des styles pour avoir une putain de techno qui va être propre à toi et quand même apporter tout ce que les gens cherchent.
Mais je n’avais pas du tout ce discours là il y a deux ans, j’étais pas du tout ouverte de la même manière, ça évolue dans une bonne ouverture d’esprit musical.

 

La qualité de tes prestations à chaque soirée a permis de te faire une réputation. Est-ce que d’autres orga te contactent pour te booker lors de leurs soirées ?

Oui ça arrive et je suis assez fière, j’ai quand même joué avec Encore sur de belles scènes c’était magnifique, il y avait un super line up.
Ce qui est cool c’est quand en parallèle on te demande de jouer sur des scènes à peu près équivalentes avec des gros artistes, et ça m’est arrivé plusieurs fois c’est trop cool. Que ce soit pour la mutante, qui était juste une soirée extraordinaire, une autre date au sucre avec des artistes aussi intéressants que ceux qu’on fait venir, à Grenoble, il y aura le Tranbordeur et là ce sera la grande salle j’en rêve ! En terme d’endroits j’ai quand même fais des trucs trop beaux. Et puis des petits clubs aussi que j’adore, j’ai joué au Box Boys j’ai trop kiffé, l’Annexe c’est super chouette et c’est en train d’exploser en terme de qualité.

 

Tes sets pour la Jacob rencontrent toujours un franc succès et tu es aussi attendue que les têtes d’affiche. Est-ce que tu as des projets de productions prévus comme des tracks ou un ep pour toucher un public plus large ?

C’est exactement ce qui est en cours, je me réveille la nuit j’y pense, j’ai des bouffées de chaleur. C’est pas évident cette partie de mon chemin parce que ça demande en terme de la praticité, de la technique.
Même si j’ai la chance de fonctionner sur une ou deux machines hyper intéressantes et qui ont plein de possibilités, derrière faut quand même savoir faire, apprendre plein de choses. J’aime à jouer des scènes de qualité et c’est pareil pour mon travail qui sera équivalent, je suis assez exigeante, j’ai aussi envie de faire un truc qui me plait et qui soit qualitatif. C’est un travail accéléré de ça qui est bien mais stressant, avec des grosses phases bizarres. Mais c’est la priorité aujourd’hui, là de jouer à droite ou à gauche c’est cool mais je ne suis pas demandeuse.

 

Nous avons la sensation que chacune des prestations est meilleure que la précédente et que chacun de tes sets gagne en maturité, comment décrirais tu l’influence de l’expérience Jacob sur ta façon de mixer et de voir les choses ? 

Ça a été tellement un choc j’ai l’impression que ça a commencé il y a deux mois. Déjà j’ai rencontré un groupe de personnes, ça a ouvert de gros horizons, je ne connaissais pas du tout ces gens et ça a ouvert une grosse partie de ma vie. Je ne sais pas si je serais encore à Lyon s’il n’y avait pas eu ça.
Il y a un gros enjeu à chaque fois et au début ça n’a pas été simple du tout, j’avais du mal à être en phase avec les gens même si je l’étais avec moi. Et aujourd’hui ça a complètement changé c’est trop cool. Le pari est réussi à ce niveau là maintenant j’ai envie de proposer ce que je fais moi, c’est la suite logique, j’ai envie de jouer moi, de proposer quelque chose qui m’appartient.

Rires Mais grosse influence Jacob conclua milena sous les rires unanimes de l’équipe  

Tu fais partie du collectif Less Is Techno qui vise à créer des liens entre artistes expérimentaux, est-ce que tu prévois une collaboration ou de quelconques projets avec un des artistes de la communauté ?

Ce sont deux vieux amis à moi qui font parti du collectif Station Essence à la base. C’est le premier collectif avec lequel j’ai fonctionné à Lyon donc c’est quand même mes premières dates, ce sont des gens qui ont été beaucoup là notamment Etienne qui m’a appris pas mal de choses.
Moi j’ai un peu lâché le truc depuis un an parce que je me suis pas mal axée Jacob mais on a vraiment lancé le premier disque Less is Techno ensemble, maintenant c’est le troisième. David et Etienne s’en sortent très bien aujourd’hui, je pense que ça grossit beaucoup et que ça marche pas mal, les disques se sont bien vendus.
Après les artistes qui en font partie oui j’en connais quelques un, ce sont des gens chouettes. C’est un collectif assez approfondit qui se veut être changeant sur le choix de ses artistes, les gens peuvent partir, les gens arrivent, ce sera toujours interchangeable en fonction de ce qu’on aime, c’est un bel investissement. C’est une très belle aventure aujourd’hui j’en fais moins partie mais je suis quand même Less is Techno

 

Tu t’es faite connaître du grand public grâce à la Jacob qui est une organisation de qualité, ce qui semble être un bon présage pour ton avenir, comment envisages-tu la suite de ta carrière ?

Là c’est des disques clairement, c’est des prod et on verra ce que ça va donner. J’espère faire ça le plus longtemps possible je vois pas les choses autrement. Maintenant il faut travailler. J’ai beaucoup de chance, Jacob apporte une visibilité énorme par rapport à ce que je fais mais par contre c’est du travail et espérons que ça grandisse en même temps que Jacob. Ce ne sera que des bonnes choses je pense.
Ça va être cool, la maintenant j’ai confiance de plus en plus par rapport à ce que ça peut donner. Si je fais un truc que j’aime beaucoup ça passera. Si je ressens aussi bien les choses que pendant les deux dernières Jacob ça va passer tout seul.

 

Qu’est-ce que vous diriez aux personnes qui n’ont pas encore assisté à vos soirées pour qu’ils viennent prendre part à l’expérience Jacob

Passez faire un tour ! ( rire )

On a essayé de proposer quelque chose de tout le temps qualitatif et le seul compromis qu’on ne peut pas faire c’est sur la qualité du son. Si vous avez envie de venir manger une grosse frappe à la Jacob , venez découvrir l’expérience ! 

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