“Diminuendo” : un nouvel EP surprise pour le boss anglais Daniel Avery.

On ne le présente plus, Daniel Avery, en quelques années seulement, et avec déjà deux albums au compteur et une multitude EP (dont la plupart sont sortis sur Phantasy Sound, le label de son compatriote Erol Alkan), s’est imposé comme figure majeure de la musique électronique. Ses DJ sets dans les meilleurs clubs du monde ont fini de forger son image de prince ténébreux de la techno, aux mix précis et techniquement implacables.

Avec Songs For Alpha, son deuxième album sorti en avril dernier, l’anglais Daniel Avery changeait pourtant d’horizon. Il délivrait, en 14 titres, de la techno deep, aux sonorités lo-fi, des balades acid à la Plastikman (« Stereo L ») et des tracks d’ambient proches du drone. «Ma musique ne s’adresse pas à ceux qui, les bras en l’air, hurlent sur la piste de danse.» livrait-il alors à Télérama. Un album peu adapté aux clubs, donc, loin de l’électro acid, minimaliste et précise, qui avait fait ses débuts avec son album Drone Logic.

Six mois après, Avery nous revient avec cet EP, toujours signé sur Phantasy Sound, où les auditeurs surpris par son virage sombre pourront retrouver la violence froide qui leur manquait. Et ce n’est autre qu’un track extrait de Songs For Alpha, le plus ouvertement destiné aux dancefloor, «Diminuendo», qui vient ouvrir l’EP éponyme.

Techno banger d’une force remarquable, «Diminuendo» développe sa mécanique implacable sur 7 minutes ; kick efficace, boucle de drone hypnotisante et claps renversants qui s’accumulent… Et, au cœur du titre, un break monumental où le morceau est soudain recouvert par une avalanche de bruit blanc angoissant, afin de mieux le faire exploser de plus belle lors d’un drop mémorable.

Le producteur confirme la fin de son escapade deep et ambient avec «Hyper Detail», track d’électro percutante où, sur un bpm élevé et un rythme breaké, s’agite une ligne d’acid violente et frénétique, le tout sur un fond d’alarme peu rassurante noyée dans la reverb.
Avec « Light Of Falling Rain » le producteur ralentit le tempo mais maintient un rythme d’électro breakée. Les boucles stridentes et dissonantes hypnotisent, la reverb noie encore le morceau d’où ressort une richesse de sons et de textures incroyable. Un track entêtant.
L’EP Diminuendo se conclut majestueusement par un court track expérimental où résonne une voix distordue et sibylline. Le clip termine de nous plonger dans les profondeurs de l’esprit du producteur, qui semble dévoiler ses pensées les plus angoissantes au travers de ce titre introspectif.

Diminuendo est un EP sans équivalent dans la discographie de Daniel Avery, qui confirme l’étendue de son talent de producteur et se renouvelle encore, sans jamais perdre de son génie.

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